​​​​La défaite de 1870-1871 de la France contre la Prusse a montré les faiblesses du système de fortification datant de Vauban (XVIIème siècle). Face à la puissance nouvelle de l'artillerie et à la mobilité des troupes grâce à l'utilisation du chemin de fer, un nouveau « pré-carré » doit voir le jour pour ne pas faire de la « revanche » une nouvelle défaite...

Ce sera le « système Séré-de-Rivières » « inventé » par le général du même nom, véritable «Vauban du XIXème siècle» pour la postérité, nommé à la tête du Génie militaire au ministère de la défense  et chargé de la reconstruction des ouvrages de défense des frontières française dès 1874.

​​​​C'est à partir de 1880 que le « système Séré-de-Rivières » est appliqué  aux Pyrénées Orientales.Trois zones vont recevoir chacune près d’une dizaine de fortifications : Haut-Conflent, Cerdagne, Vallespir et Côte Vermeille.  Le général Segrétain établit un rapport d’inspection des défenses du département, rapport ensuite exposé au Comité des fortifications en ?1882? voir Paulilles

Entre 1883 et 1888 un nouveau dispositif défensif est construit pour assurer la défense de la côte Vermeille. Il s'agit de défendre notamment la route et le chemin de fer reliant la France à l'Espagne, le port militaire (depuis 1846) de Port-Vendres ainsi que la dynamiterie Nobel de Paulilles (crée en décembre 1870 durant la guerre Franco-prussienne). Sur un arc de cercle situé à une altitude moyenne de 500 m et sur une distance de l'ordre de 3,5 km autour de la ville sont ainsi construits :


    Le fort du Cap Béar (modifications).
    4 batteries: De la Galline, Taillefer, Batterie 500, Madeloc (1885-1886).
    2 épaulements : Gascons sud et Gascons nord (1888).
    2 redoutes : Madeloc sud et Madeloc Nord (1885-1886)
    3 casernements : nord et sur et un central sous la Madeloc (1885-1886).
    Une route stratégique (l'actuelle « route des crêtes »)  relie les installations entre elles. Ces places dépendaient de la chefferie de Perpignan.
    Un fort devait être construit sur le Puig Lagrange, au nord est de la galline comme d'autres prévus dans le département mais ne verra pas le jour.​​

​​​​​​Construite en 1885 1886 la batterie de la Galline  à 250 m d'altitude, surplombe la route entre Port Vendres et Banyuls, la voie ferrée menant en Espagne et la dynamiterie Nobel à Paulilles. C'est la plus importante des 3 batteries construite dans la zone avec 4 pièces d'artillerie, une garnison de 70 hommes, un magasin à poudre prévu pour 3200 kg. La défense extérieure se faisait par les bastionnets.

En 2014 le site est confié par la mairie de Port Vendres à l'association « la Gallina ».

- Les Epaulements des Gascons : les Epaulements Nord et Sud du Col des Gascons étaient armés de 5 pièces d'artillerie de campagne. Actuellement, il n'en reste que des vestiges à peine visibles.​​

​​- La Batterie 500 : Construite, entre 1885 et 1886, comme sa dénomination l'indique, à la cote 500, cette batterie à un plan proche de La Galline, mais en un peu plus petit. Les pilastres de l’entrée portent les chronogrammes surmontés du nom de la batterie, nom indiqué en chiffres : "500". Le périmètre, assez tourmenté est composé d’une escarpe demi-détachée d’où saillent au moins deux bastionnets, dont un se chargeant de la défense de la gorge. Le batterie ne possède pas de fossé,mais son front de tête est appuyé à un terrain assez escarpé. Les bâtiments, disposés en gradins en fonction du terrain, paraissent en bon état et le massif d’un magasin à poudre se distingue très nettement. Son armement était de 2 pièces de 7 livres modèle 1873 et 1 pièce de 12 livres. La batterie est une propriété privée. A 300 m au NNO se trouve le Casernement de Gauche.

​​- Les Ouvrages de La Madeloc : l'ensemble se compose de la Redoute de La Madeloc Sud, de la Batterie de La Madeloc appuyée contre l'ancienne tour à signaux et de la Redoute de La Madeloc Nord. L'ensemble était implanté sur la même crête et dans l'intervalle des batteries de Taillefer et 500. L'armement prévu ici était de 8 pièces de 4 livres modèle 1858 de campagne. 500 m au nord-est se trouve le Casernement du Centre.

- La Batterie de Taillefer : à 514 m. d'altitude, l'ouvrage se rapproche de la batterie de la Galline, mais plus petit et en moins bon état. Son armement était de 2 pièces de 7 livres  modèle 1873 et de 2 pièces de 12 livres. Actuellement propriété de la commune de Port-Vendres qui l'a confiée à deux artisans. A une centaine de mètres au sud-est se trouve le Casernement de Droite.

Ces installations sont des parties d'un tout et se complètent mutuellement. Chacune doit pouvoir être  défendue par l'autre, d'où les intervalles réguliers entre elles. Le chemin de fer est utilisé pour le ravitaillement et les mutations de garnison. Cette crête s’élève « comme une muraille » et ne peut être attaquée de front, ainsi l'aménagement du site présente-t-il l'avantage d'une dépense limitée  car il y a lieu d’y créer « seulement des ouvrages pour l’infanterie et quelques pièces légères, ainsi que des citernes ».
      Si la plupart des ouvrages datent de la période 1880/1890, certains sont construit plus tardivement et probablement restés inachevés et non armés. La crise de l'obus-torpille en 1883 et la découverte de la mélinite en 1885 vont rendre ces ouvrages dépassés. Seul le fort Béar sera modifié avec une carapace en béton.

1.Système Séré de Rivières : Le général Raymond Adolphe Séré de Rivières (1815-1895) ingénieur militaire, a donné son nom à un système complet de fortifications construit après la guerre de 1870, à partir de 1874 ; il est surnommé « le Vauban du XIXème s. C'est le grand système de fortification construit en France entre l'époque de Vauban (Sébastien Le Prestre 1633-1707) et celle de Maginot (André 1877-1932).

Le système est basé sur la construction de plusieurs forts polygonaux enterrés, formant soit une ceinture fortifiée autour de certaines villes, soit un rideau défensif entre deux de ses places, soit des forts isolés. Il est conçu pour adapter les forteresses aux évolutions de l'artillerie, l'augmentation de la portée des pièces (jusqu'à près de 10 km) nécessite d'éloigner celles ci des sites à défendre, il utilise aussi la voie ferrée pour le transport des troupes et du matériel etc...Ces éléments ont été partiellement modernisés de la fin du XIXe siècle jusqu'en 1918, pour former ce que les Allemands ont appelé la « barrière de fer ». Son équivalent est en Allemagne la série des forts von Biehler et en Belgique les forts Brialmont (dont le célèbre fort d'Eben Emael est l'exemple le plus récent). Les forts Séré de Rivières subirent l'épreuve du feu lors de la Première Guerre mondiale, soit quarante ans après le début de leur construction. Ils sont déclassés pendant l'entre-deux-guerres, leur rôle étant repris par les ouvrages de la ligne Maginot.

    2.Crise de « l'obus torpille ».L'évolution rapide de l'artillerie rendent obsolètes les constructions du programme 1883-1886 dès leur mise en service.
En 1883 l'obus Shrapnel, appelé obus à mitraille car il explose en l'air au dessus de la cible choisie,rend nécessaire de protéger les servants par le haut rendant inutile le système des traverses abris.
En 1885 Eugène Turpin stabilise la Mélinite beaucoup plus puissante que la poudre noire utilisée pour la charge détonante des obus. En 1886 est mis au point l'obus cylindro-ogival rempli de Mélinite, fabriqué en acier et non en fonte dure, il permet d'augmenter la quantité d'explosif des obus ainsi que la précision et la portée des canons. Cet obus est au moins 10 fois plus puissant que ces prédécesseurs et va nécessiter l'utilisation des bétons armés et des blindages.

Le Fort de la Galline 2014 - 2017 

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